Le comité scientifique d’« Écoutez-nous ! » s’est réuni le 28 août pour sa deuxième séance. L’occasion de faire un premier point sur ce que révèlent les 177 entretiens et les pistes à creuser avant les débats.


Politistes, sociologues, philosophes, géographes, économistes… Ils ont découvert le film le 23 juillet, reçu le corpus dans la foulée et travaillé dessus tout l’été. Ce corpus, ce sont les 177 entretiens soit 1 204 réponses, plus de 718 000 mots, l’équivalent d’un bon roman de 2500 pages.

Un premier rapport tout en chiffres : 130p de statistiques

Ce matériau qualitatif est suffisamment ample pour permettre des analyses statistiques robustes : à cette échelle, on peut aussi compter. Non pas pour opposer les catégories sociales entre elles, les effectifs sont trop petits pour cela mais pour établir des ordres de grandeur : combien de personnes abordent spontanément tel sujet, combien ne l’abordent jamais. Les absences deviennent mesurables et elles en disent souvent autant que les présences.

Les précieuses nuances apportées par les expressions de chacun

6a8e55189fa149c4a948a09237c02af55d0358ee.pngCompter ne suffit pas : il y a des expressions, des doutes, des indignations, des raisonnements qu’aucune statistique ne remplace. Chaque phrase reste attachée à la personne qui la prononce : son âge, son métier, son territoire de vie sont importants de même que l’intégralité de ce qu’elle dit pendant quarante minutes car les paroles ne se comprennent bien que dans leur contexte et leurs variations.

Remonter d’un fragment ou d’une idée à l’ensemble d’un propos, suivre un raisonnement, permet de découvrir qu’une même personne tient parfois deux discours contraires dans le même entretien : pas parce que les gens sont contradictoires mais parce qu’ils traitent de la complexité du monde… Ces nuances sont exactement ce que les grilles d’analyse habituelles effacent.

Et maintenant, au travail !

Chacun a choisi son angle : les territoires, la relation à l’État et aux grandes institutions, l’articulation du social et du politique, les attentes de pouvoir et de participation, le travail et l’appareil productif, le modèle social, la justice, ou encore l’écart entre cette parole et la façon dont le débat public prétend la représenter. Premières contributions attendues autour du 20 septembre.